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dimanche 4 janvier 2015

La Vignette Auto revient à Paris en 2015

maj : calcul des coûts le 7/01/2015
Supprimée pour des raisons pré-électorales il y a quelques années, la VIGNETTE AUTO revient à Paris dès ce début d'année 2015.
Et ce n'est ni une blague, ni une fausse rumeur même : c'est ici une carte indispensable auparavant gratuite qui devient payante lors de son renouvellement à partir du 1er janvier 2015.

Une dépense obligatoire pour les automobilistes parisiens  modestes

En effet, les automobilistes résidant à Paris dépourvus de garage se stationnent sur la voie publique dans les rues proches de leur domicile au moyen d'une carte de résident : la Carte de Stationnement Résidentiel.
Cette carte était gratuite sur simple présentation annuelle d'attestations de domicile et donnait une simple confirmation que le possesseur payait sa taxe d'habitation à Paris et pouvait bénéficier du tarif résidentiel de stationnement censé inciter l'usager à laisser sa voiture au lieu de l'utiliser quotidiennement.
Cette carte obligatoire quand on n'a pas de garage est devenue payante lors de son renouvellement depuis le 1er janvier 2015.

Un droit qu'il faut acheter

La somme de 45 euros annuels (ou 90 euros pour 3 ans) n'inclut aucune durée de stationnement mais est obligatoire pour avoir le droit de stationner à proximité de chez soi avec un tarif préférentiel de stationnement résidentiel. En dehors du quartier proche, elles est inutile et ne sert à rien.
Il s'agit donc bien d'une nouvelle version de la vignette pour la ville de Paris puisqu'un automobiliste parisien ne peut rester au volant de son véhicule pendant les 11 heures payantes du stationnement ni descendre toutes les 2 heures pour régler son stationnement pendant les jours de semaine. Tout habitant de Paris propriétaire d'une voiture doit dont la régler, comme c'est le cas pour une vignette auto départementale.

Se garer uniquement la nuit? 

On remarquera que ceux qui pourraient choisir d' utiliser leur voiture pour travailler hors de Paris lors des jours ouvrés seront également rattrapés par cette vignette de stationnement résidentiel puisque le stationnement reste aujourd'hui payant jusqu'à 20 heures chaque jour depuis le 1er janvier 2015.

La carte de stationnement résidentiel est moins juste socialement que la vignette.

  • Plutôt moins égalitaire que l'ancienne vignette auto, la nouvelle carte est au même prix quel que soit le véhicule particulier concerné que vous possédiez une citadine dépouillée de ( ans d'âge à 3000 euros  ou un Mercedes GL à 85 000 eurosmais on remarquera que les voitures visibles en stationnement à la semaine dans les rues sont plus souvent des modèles raisonnables que les tarifs de locations de parking à Paris ne permettront guère aux possesseurs moyens d'abriter leur voiture. 
  • La nouvelle carte ne sesoucie pas non plus, comme au Japon, de savoir si vous occupez une place de moins de 3 mètres comme avec une smart ou de 6 mètres comme avec une grosse berline. Idem pour le tarif de stationnement. On remarquera que Paris restera un parking idéal nocturne et gratuit pour les camions hors d'âge qui y stationnent la nuit en semaine en attendant d'être repris en journée par les chauffeurs amenés le matin en voiture par le contremaitre. tant mieux pour eux, tant pis pour les résidents.
  • Les propriétaires d'appartements incluant une place de parking seront exonérés de cette taxe, comme le seront, semblent-ils les résidents ne payant pas d'impôt sur le revenu. Les "classe moyenne inférieure" apprécieront le distinguo.

Les tarifs :  

(re-calcul le 7 janvier après confirmation que le mois d'août devenait payant)
1,50 euro par jour au lieu de 0.65 € (sauf au mois d'août? gratuité supprimée))
9 euros par semaine au lieu de 3€
45 euros annuels (ou 90 euros pour 3 ans) pour la carte au lieu de 0€.

Le stationnement résidentiel à Paris passe donc de 156 euros en 2014 à 477 513euros en 2015 sur une base de 48 semaines entières ou partielles en stationnement et du coût de la carte. Avec un abonnement de 3 ans, chaque année "tombe" à 499€.
  • Rappelons aussi que le stationnement résidentiel oblige à régler des semaines entières (hors un règlement chaque jour) et ne permet pas d'économiser cette dépense quand on part pendant une semaine déja réglée.

Un nouvel impôt ?

Si les impôts nationaux sont annoncés stables dès 2015 par le président de la république, on s'aperçoit que les maires et autres conseils généraux risquent de rallonger la note pour les impôts locaux, y compris ceux prélevés par d'autres moyens que les taxes foncières ou d'habitation. Les ménages assujettis à l'impôt sur le revenu se voient à Paris taxés d'un impôt supplémentaire de carte résidentielle et de coûts de stationnement triplés.
Les voitures garées sur la voie publique continueront en revanche à subir les risques inhérents au stationnement parisien : enlèvement par la fourrière lorsqu'une zone est placée du jour au lendemain en zone de travaux, obligation de courriers couteux lorsque le préposé aux contraventions qui passe 2 fois par jour n'a pas vu la carte de résident, effraction des véhicules peu protégés utilisés comme abris (twingos1 notamment), tags des utilitaires... Un cumul de peines pour ceux qui ne pourront se payer un parking privé.

Alain Lacour 



jeudi 10 mai 2012

Les économistes connus sont-ils indépendants quand il donnent leur avis éc

  1.  Qui sont ces gens qui nous expliquent l'économie française et mondiale?
  2. Selon Hervé Mauduit, nos pédagogues des médias prêchent pour leur chapelle.
  3. La seule économie depuis 10 ans, c'est l'économie libérale
  4. L'Interview d' Hervé Mauduit. et la défense de Jean Hervé Lorenzi (audio) 14min.(france inter 2012 04 19)
  5. Hervé Nathan, de Marianne, commente le bouquin de Mauduit.
  6. Le livre et l'article de l'Express et les bonus.



1.Qui sont ces gens qui nous expliquent l'économie française et mondiale?
L'année dernière, je tentais de faire un bilan de l'offre de l'information qui nous était offerte par les chaînes gratuites de la TNT française et regrettais l'unicité des points de vue.
Mais qu'en est-il, sur ces mêmes canaux privés ou publics,  de ces invités savants des talk shows ou
Patrick Artus

journaux télévisés qui viennent aimablement et souvent gratuitement  faire comprendre aux téléspectateurs les mécanismes de l'économie (dont cette fameuse impossibilité de sortir du sage modèle actuel et cette nécessité absolue de passer par la fameuse règle d'or)?
Peut-on  les contredire, ces professeurs et spécialistes, alors qu'ils savent de quoi ils parlent et qu'ils nous expliquent tout, en toute objectivité et sur un ton raisonnable.
"Il est évident que"...est malheureusement utilisé par eux pour étayer un point de vue discutable. 

Mais ces professeurs sont-ils vraiment objectifs quand ils parlent technique économique, auto-régulation des marchés, impossibilité de sortir de l'euro ou impératif de copier l'économie allemande?
 La technique, ça a une opinion?
Savons-nous qui emploie et/ou rémunère ces parangons de professionnalisme? 
Pourraient-ils rester objectif et mordre la main qui les nourrit en prônant une autre voie économique que celle de leur employeur?  Poser la question, c'est y répondre : qui cracherait dans sa propre soupe?

2.Selon Hervé Mauduit, nos pédagogues des médias prêchent pour leur chapelle.
Laurent Mauduit  publie un livre "Les imposteurs de l'économie" dans lequel il nomme nos grands économistes et énumère leurs différentes casquettes qui semblent influencer tellement  leur point de vue,( un peu comme un anticonformiste satirique se transforme en pisse-froid en prenant la direction d'un média à remettre dans le droit chemin, par exemple).
Et que penser de ceux qui sont professeurs dans le service public et cumulent dans un conseil d'administration d'entreprise au mépris de la loi?

Laurent Mauduit écrit sur son blog : "

Si j’ai jugé utile de mener ce travail, c’est pour une première raison : ces derniers mois, j’ai été frappé de constater que dans de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis, les économistes les plus médiatisés ont parfois été critiqués. 
Mais pas en France, ou quasiment pas.
 Et cette différence de traitement, j’ai voulu chercher à en percer le mystère.
De fait, nul vrai débat ni réelle polémique en France. 
Malgré la violence de la crise, malgré le cortège de souffrances sociales qu’elle a généré, quelques économistes parmi les plus médiatisés, ceux qui courent micros et plateaux de télévision, ont juste été moqués, de proche en proche, pour leur manque de discernement ou de clairvoyance. 
Dans les magazines, on a donc vu fleurir, ici ou là, le bêtisier de la crise. On en connaît les héros, puisque tous les économistes connus, ou presque, ont été épinglés. De l’économiste de la banque Natixis Patrick Artus (« La crise est finie ») jusqu’à l’économiste de l’Ecole normale supérieure Daniel Cohen (« La bonne nouvelle c'est que cela ne durera pas plus longtemps »), en passant par l’entremetteur du capitalisme parisien Alain Minc (la crise est « grotesquement psychologique ») ou encore l’économiste Anton Brender (« Les paniques bancaires à l’ancienne ont disparu grâce au dispositif d’assurance des dépôts mis en place pour permettre de les éviter »).
Elie Cohen

Mais ces inepties proférées par les économistes français les plus connus ne les ont (pas) condamnés à une abstinence médiatique, même courte: depuis que la crise a commencé, ce sont donc toujours les mêmes experts, même ceux qui se sont le plus gravement trompés, que l’on entend perpétuellement sur toutes les ondes de radio et dans toutes les émissions de télévision."
in (http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit/260312/les-imposteurs-de-l-economie)


Quid de l' offre variée et de l'information sur les chaînes de la TNT françaises?

3. La seule économie depuis 10 ans, c'est l'économie libérale.
En tout cas, on comprend mieux cette uniformité de pensée, ce consensus sur la mondialisation, le libéralisme, et le rejet de toute théorie alternative.

Raison de plus pour déplorer qu'on ne mentionne pas cette ambivalence lorsqu'ils sont invités en télévision, où il est pourtant enfantin d'afficher des menus défilants. Et qu'on ne croit pas que les médias publics ont échappé au phénomène : manque de moyens et donc abondance de talk-shows, direction des chînes entièrement dévouées aux causes présidentielles, moquerie des présentateurs envers les théories dissidentes ou au contraire défense pointilleuse de leur déontologie à la moindre remarque, on pourrait souhaiter autant d'exigence dans les recherches sur les profils des invités...
marc fiorentino
AL

4. Interview d' Hervé Mauduit. (audio) 14min.

Ecouter ''émission de France Inter http://www.franceinter.fr/emission-on-n-arrete-pas-l-eco-l-invite-laurent-mauduit-pour-les-imposteurs-de-l-economie-comment-il  et la réécoute :

(interview entre la 30eme et la 45eme minute, incluant une réponse de Jean Hervé lorenzi, mis en cause dans le livre.


5. Le commentaire de hervé nathan, de Marianne
Hervé Nathan, de Marianne, se fait également l'écho du bouquin de Mauduit et je le cite ci dessous.

Une enquête de Laurent Mauduit, « Les imposteurs de l’économie », revient sur les pratiques parallèles des spécialistes très médiatisés qui expliquent au « vulgum pecus » les rouages du libéralisme.

jean paul Fitoussi
(Laurent Mauduit - BALTEL/SIPA)
Disons le tout net : ce livre va remuer bien des passions dans le petit monde des économistes, tant il met en cause les vedettes de la profession. La contestation de la place et du rôle des « économistesmédiatiques » n’est pas tout à fait nouvelle. Elle date en fait du début de la crise des subprimes. Le public l’a découverte avec le succès de deux documentaires « Inside job » pour les Etats-Unis et « Les Nouveaux chiens de garde » en France. Mais là où le documentariste s’en tient à une dénonciation de principe, drôle mais pas forcément convaincante, Laurent Mauduit, journaliste à

Mediapart, est allé chercher lesinformations qui étayent le propos.

Ainsi les « Imposteurs » nous content par le menu ce que sont les onéreux «  ménages » et les fructueux « à-côtés » de la vingtaine « d’experts » qui tournent en boucle sur les écrans et distillent le prêt-à-penser du néo-libéralisme. L’auteur nous emmène dans un monde de conflits d’intérêts auprès duquel l’industriepharmaceutique semble d’une transparence aveuglante. Aucune de nos vedettes cathodiques, ou presque, n’échappe à au coup d’étrille. (De) 
  • Marc Fiorentino, condamné par l’Autorité des marchés financiers pour sa société Euroland Finance,
  • Elie Cohen qui gagne deux fois plus en siégeant dans les conseils d’administration qu’avec son métier d’enseignant,
  • Patrick Artus, grand amateur lui aussi du cumul des rémunérations.
    Michel Aglietta
  • Jean-Paul Fitoussi pratique les « ménages », 
  • Michel Aglietta conseille Groupama Assurances, 
  • Daniel Cohen l’imite chez Lazard, etc.
Tous ces personnages ont pour point commun d’être les conseilleurs des princes, les arbitres médiatiques de la bien-pensance en économie, et de soigner, à des degrés divers, leurs portefeuilles. 

Quelques-uns dominent ce cercle de la déraison : 
  • Alain Minc, 
  • Jacques Attali ou 
  • Jean-Hervé Lorenzi, pilier de la banque Rotschild et président du Club des économistes, extraordinaire réseau d’influence des intellectuels de la finance.(Note : selon Mauduit, Jean Hervé Lorenzi soutenait Segolène Royale en 2005 en établissant le programme économique de campagne de Nicolas Sarkozy. Il soutient françois Hollande en 2012. cf interview)
Le plus sidérant, si l’on ose dire, est qu’une bonne partie de ce personnel s’est mise à disposition du candidat socialiste François Hollande et fait partie de son cercle de conseillers.

L’exercice
(de Laurent Mauduit) ressemble à la stratégie Dracula : mettre en pleine lumière ce qui est caché. 
Est-ce suffisant pour délégitimer les « imposteurs » ? Hélas, ou heureusement, non, et Laurent Mauduit en convient à demi-mot. Il ne suffit pas de dénoncer la collusion d’un Patrick Artus ou d’un Daniel Cohen avec les « forces de l’argent », pour abattre leurs travaux. Même en économie le déterminisme a ses limites humaines. Et le libéralisme ne se combat pas seulement en braquant un projecteur, salutaire et nécessaire, sur les comptes en banques.
Reste à savoir qui a placé tout ce beau monde sur un piédestal : il n’est pas indifférent à la réflexion d’apprendre que l’auteur reconnaît non sans honnêteté avoir lui-même joué un rôle dans cette entreprise, en ouvrant les colonnes de Libération, puis du Monde à certains d’entre eux. Comme quoi la collusion peut parfois se nicher en chacun de nous. 

6.Le livre , l'article de l'Express, et les bonus des archives
  Les imposteurs de l’économie,
de Laurent Mauduit, J.-C. Gawsewitch, 320 p., 19,90 €. 
http://www.marianne2.fr/Les-imposteurs-de-l-economie-bouscule-les-economistes-mediatiques_a216912.html?TOKEN_RETURN

L'article de l'Express :
http://www.lexpress.fr/actualite/economie/laurent-mauduit-epingle-les-economistes_1099023.html 



BONUS 

Une université (Paris Dauphine) dont les chaires sont financées par des banques doit-elle s'appeller "Sciences économiques" ou " Sciences du Libéralisme Economique" car un ancien patron de banque (écouter l'interview) peut-il donner une vision exhaustive aux inscrits? 
Voici la liste des chaires de la fondation dauphine, à l'université : http://www.fondation.dauphine.fr/nos-chaires/





 http://www.elie-cohen.eu/article.php3?id_article=64


 

mardi 16 août 2011

NON, les consommateurs français ne pourront pas se défendre en groupe!

NOUVEAU : un téléviseur LCD 82cm à 299euros testé par 01.net :
http://www.01net.com//fiche-produit/prise-main-10534/tv-lcd-plasma-changhong-l32f726/       Video en bas de page.


NON, les consommateurs français ne pourront pas se défendre en groupe!


Nicolas Sarkozy retenait en 2007 la possibilité d'actions de groupes de consommateurs s'il était élu, reprenant une promesse chiraquienne dont la loi avait été retirée de l'examen en janvier 2007 au dernier moment : ententes sur les prix des réseaux de téléphones mobiles, produits défectueux vendus en masse... de nombreux secteurs pouvaient ainsi connaître des redressements salutaires pour les consommateurs.
Comme on l'aura noté, la loi n'a pas été travaillée mais UFC-Que Choisir avait déja fait un appel aux consommateurs de Orange-SFR-Bouygues afin d'estimer le préjudice de milliers de plaignants et a essayé de présenter les cas sous un autre forme.
Et bien NON, même comme ça, pas question de demander réparation des préjudices subis comme le confirme le mail de Que Choisir que je reçois aujourd'hui.
Ravalons nos déceptions, la justice veille.


Madame, Monsieur,

Vous avez transmis votre dossier à l'UFC-Que Choisir à la suite de la condamnation par le Conseil de la concurrence, le 30 novembre 2005, des opérateurs mobiles Orange, SFR et Bouygues Télécom pour s'être entendus afin de se répartir le marché de la téléphonie mobile, ce qui a eu pour effet de fixer les prix de détail à un niveau artificiellement élevé durant la période 2000-2002.

Faute d'action de groupe en droit français permettant en une seule procédure d'obtenir l'indemnisation de tous les consommateurs victimes, nous avons informé les abonnés victimes de l'entente qu'ils avaient la possibilité d'intenter une action en justice, soit seuls, soit en se joignant à la procédure engagée devant le tribunal de commerce de Paris. C'est dans ce cadre que votre dossier individuel est venu s'ajouter aux dossiers de l'UFC-Que Choisir et des autres victimes.

Votre dossier a été déposé le 13 octobre 2006 devant le tribunal de commerce de Paris, afin qu'il statue sur votre demande d'indemnisation.

Le 6 décembre 2007, le tribunal de commerce de Paris a estimé que la procédure contre Bouygues Télécom était irrégulière au motif que nous aurions fait une action en représentation conjointe déguisée et que nous aurions démarché les consommateurs pour les inciter à agir en justice, en contradiction avec les règles de cette procédure.

Nous avons fait appel de cette décision avec plus de 1 500 victimes. Dans l'attente du résultat de l'appel, nous nous sommes désistés des actions engagées contre les opérations SFR et Orange.

Par son arrêt du 22 janvier 2010, la cour d'appel de Paris, contre toute attente, a confirmé l'analyse du tribunal de commerce en prononçant la nullité de la procédure introduite par les victimes et notre association.

Les juges ont estimé que notre rôle de soutien et de regroupement des victimes constituait un détournement de procédure et que l'action introduite au nom de toutes les victimes était en réalité une action en « représentation conjointe ».

Ils ont également considéré que notre association, par le biais du site Cartelmobile.org et des informations transmises aux victimes, avait démarché les consommateurs, ce que précisément les règles de l'action en représentation conjointe interdisent.

Cette analyse étant parfaitement contestable dans la mesure où elle ne correspond pas aux faits, car notre association s'était bornée à aider les victimes, à les regrouper pour faire valoir leurs droits comme le commandent nos statuts, et considérant que la décision des juges portait atteinte à plusieurs droits fondamentaux, notamment celui de la liberté d'agir en justice et de la liberté de choix de la procédure, nous avons formé un pourvoi en cassation.

Malheureusement, la Cour de cassation vient d'entériner, le 26 mai dernier, les décisions du tribunal de commerce et de la cour d'appel.

Vous, comme l'ensemble des consommateurs parties aux actions en réparation intentées contre les opérateurs, êtes donc privé en l'état de la réparation de votre préjudice résultant de l'entente, et nous le déplorons.

L'arrêt de la Cour de cassation souligne en effet qu'en l'état actuel du droit, aucune procédure ne permet d'obtenir l'indemnisation d'un grand nombre de victimes de litiges similaires, et donc l'urgence d'instaurer une action de groupe, seule à même d'assurer une indemnisation juste et effective de l'ensemble des victime de litiges de masse, mais aussi et surtout de dissuader les entreprises de se livrer à des pratiques abusives et illicites.

Les recours nationaux étant dorénavant totalement épuisés et les différentes actions entreprises dans ce dossier ayant souligné que le droit français actuel ne permet pas l'accès au juge de toutes les victimes ni ne garantit le droit au recours effectif, principe constitutionnel mais aussi européen, l'UFC-Que Choisir étudie la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l'homme, procédure qui, même si elle était jugée recevable et l'État français condamné, ne permettrait cependant pas d'obtenir l'indemnisation des victimes de l'entente entre les opérateurs, par ailleurs définitivement établie par la Cour de cassation.

Nous vous remercions de la confiance que vous nous avez accordée et regrettons sincèrement l'issue de cette procédure.

À toutes fins utiles, nous vous rappelons que vous avez néanmoins encore la possibilité d'engager seul une action en justice pour obtenir la réparation que vous aviez demandée devant le tribunal de commerce.

Compte tenu de la complexité des questions en cause et des conditions propres à chaque dossier, nous ne sommes malheureusement pas en mesure de préciser pour chaque consommateur les recours envisageables, leurs coûts et leur opportunité.

De ce fait, si vous souhaitez engager une telle action, nous vous invitons préalablement à vous rapprocher d'un avocat ou d'un spécialiste en droit pour examiner l'opportunité d'une telle action.

Alain BAZOT
Président de l'UFC-Que Choisir